FRISSONS
Anne poussa un profond soupir et se dit qu’il lui fallait trouver un début à ce fichu texte !… Anne c’est moi… Mais de quoi vais-je parler ?… Quel sujet mettre sur la table, ou plutôt sous mon stylo ?… Les idées me fuient… Impossible de mettre le nez dehors, le vent me coupe la respiration… et l’imagination !…
Je pourrais aborder un problème de société… Pourtant je ne suis pas venue ici pour ressasser ce qui ne va pas ! Quant à ce qui va bien, heureusement j’ai encore le choix ce qui m’entretient le moral… Il n’empêche que je me sens « vide » aujourd’hui, j’ai besoin d’aide…
C’est ainsi que je me suis tournée vers la primevère en ce mois de février un peu morose :
– » Explique moi pourquoi je me sens à court d’inspiration alors qu’en te regardant je suis inondée de soleil ?…
– » C’est peut-être que tu vas chercher trop loin ce que tu as à portée de main… Plonge ton regard dans mon cœur, il saura te parler… »
J’ai continué mon chemin au milieu d'une nature dénudée et ai pensé que, peut-être, cette haie en attente allait pouvoir me renseigner :
– » Je n’ai aucun ressort, mais je ne vous trouve rien d’engageant actuellement…
– » Crois-tu ?… Ne sais-tu pas qu’une explosion de vie se prépare longtemps à l’avance et qu’il faut réunir toutes les conditions pour qu’elle puisse revenir à temps ?… Ne vois-tu pas au bout de nos bras décharnés ces fêlures qui présagent les premiers bourgeons ?… »
Sans doute, pensai je mais, toi le vent si violent ce matin, exprime toi un peu mieux et dis-moi pourquoi tu t’engouffres partout, pourquoi tu casses les arbres, pourquoi tu n’arrives pas à te calmer un peu… il me semble qu’un souffle plus doux serait plus reposant et inciterait davantage à la création, à la concentration…
– » Ne parle pas sans savoir… D’abord je ne casse que du bois mort… ou presque, une erreur est vite arrivée, tu le sais ! Réfléchis au lieu de râler : grâce à moi l’air est purifié autour de toi, grâce à moi les relents de l’hiver s’éloignent au lieu de s’agglutiner… patiente un peu et ton esprit va en récolter les bénéfices… Déjà les nuages lourds et gris s’estompent pour faire place aux voilages pastels du renouveau, aux dentelles délicates de la bruine nourrissante… Tu devrais apprécier mes efforts pour accueillir la nouvelle saison… »
Chaque interrogation faisait surgir des réponses plausibles et petit à petit se mettait en place une réalité nouvelle ! Longtemps je marchai, longtemps je questionnai jusqu’à ce que le torrent me crie bien haut, de sa voix claironnante, qu’il était grand temps d’arrêter de divaguer…







Commentaires
Enregistrer un commentaire