Les clichés font l'histoire...





Article mis à jour le 4/8/2019

          Paul, un célibataire endurci, avait une confiance aveugle en l’amitié indéfectible de Margot, la blonde aux cheveux couleur de blés mûrs, aux yeux bleus comme un ciel d’azur mais qui, malheureusement, était myope comme une taupe et cela, Paul l’ignorait ! De ce fait il ne se rendait pas compte qu’il allait droit dans le mur en roulant les mécaniques pour se faire mousser auprès d’elle !

                   
          Or un jour, espérant obtenir un peu plus de la belle aux cheveux d’or, il se leva du bon pied malgré sa nuit blanche et, sans vague à l’âme, après un repas frugal, il se dirigea vers la forêt toute proche. La veille, il l’avait entendu projeter une promenade dans les parages. Avec une foi de charbonnier il se dit qu’il allait la surprendre et, sans peur de friser le ridicule, faire le mariole pour essayer de se faire aimer d’elle !

           A la croisée des chemins son sang ne fît qu’un tour et il sentit son cœur battre la chamade… En effet, son œil de lynx découvrît sans peine, assise sur un rocher ensoleillé, la fine fleur dont il rêvait, sa 8° merveille du monde, sa Margot chérie ! La jeune fille semblait avoir pété les plombs, son visage ruisselait de larmes et elle paraissait avoir la peur au ventre en fixant un point pour lui invisible ! Paul en aurait pleuré de joie, se disant qu’il n’arrivait pas comme un cheveu sur la soupe et qu’elle ne pourrait l’envoyer paître !


                    Mal lui en prît car, ce qu’il n’avait pas enregistré c’est que la belle ne l’avait pas reconnu et pour cause ! Aussi, quand il s’approcha d’elle, Margot sursauta et se mit à hurler si fort que Paul, médusé, et qui pensait faire un tabac, sentit ses cheveux se dresser sur la tête en même temps que son sang se glaçait dans ses veines ! Tous deux se regardaient en chien de faïence jusqu’à ce que la jeune fille, qui avait eu une peur bleue, lui fît signe de la laisser tranquille… Elle n’avait vraiment rien à lui dire se sentant humiliée d’avoir été surprise en situation grotesque et complètement sortie de ses gonds !

                        Paul interloqué, ne comprenant pas les méandres de l’esprit féminin, fît une tête d’enterrement et, pensant que tout était perdu, se mît à trembler comme une feuille craignant bien que cette réaction inattendue ne sonne le glas de tous ses espoirs…

                     Il eût un mal de chien à admettre que toute tentative d’explication serait mal venue et qu’il lui fallait repartir en catimini laissant sa belle se refaire une beauté pour ne pas perdre la face en descendant de son piédestal !

                          Ne voulant pas remuer le couteau dans la plaie ni dire adieu à son oiseau rare il repartit tête basse en croisant les doigts pour que Margot oublie cet intermède raté, car elle restait sa coqueluche avant d’être son amie… Il ne voulait surtout pas être mis au rancart où être traité par-dessus la jambe ! Autant que faire se peut, il espérait une seconde chance ne voulant pas baisser pavillon ! 

                             Elle resterait sa dulcinée et, dût-il fumer la moquette, il souhaitait de tout son cœur amoureux la prendre dans ses bras, que ce soit à Pâques ou à la Trinité. Il avait plus d’un tour dans son sac et un jour, Margot serait à sa merci ! Enfin il ne voulait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais sans faire semblant de rien, la prochaine rencontre n’aurait pas lieu pour des prunes !



Les clichés font l'histoire comme une orchidée nous entraîne ailleurs , un coucher de soleil annonce la nuit ... ou le muguet le mois de mai  !





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